Aujourd'hui l'Afrique

Publié le par lavendeeautrement

A l’heure où l’Afrique reprend la main de l’actualité en faisant pleurer dans les chaumières, n’est-il pas légitime de se demander ce qu’elle a fait de sa liberté ?

 

Kofi Yamgnane, Franco-Togolais ancien maire de Saint-Coulitz (Finistère), ancien ministre de Mitterrand et candidat à la présidentielle du Togo au début de 2010, témoignait dans l’émission ‘Ca vous regarde’ du 18 mai 2010. « Je ne peux pas généraliser sur l’ensemble des pays francophones ayant accédés à l’indépendance (…). En tout cas, je peux dire que le Togo, mon pays d’origine, n’a rien fait des cinquante ans. C’est cinquante ans pour rien. Puisqu’aujourd’hui les plus vieux dans les villages disent : c’était quand même mieux du temps des blancs. On était vacciné, on ne l’est plus. »

 

L’aveu d’échec est extraordinaire. Mais il irrite certaines oreilles. Il gifle tout un mode de pensée, une volonté humanitaire, une logique de l’aide. J’ai entendu le même du seul octogénaire rencontré au Togo. On m’a rapporté les exacts mêmes mots du Sénégal et d’ailleurs. Et j’en ai vu les répéter du temps du Zaïre. Mais ce n’est pas toute l’Afrique, non, ça ne l’est pas.

 

Pensez donc. Reconnaître que la mémoire des anciens - la mémoire par excellence, révélatrice du passé en Afrique - explique que ces salauds de colons auraient plus fait pour l’africain de base que des milliers d’humanitaires et de romantiques poussés par l’élan des milliards des impôts du monde occidental : ça pique un peu.

 

Kofi Yamgnane ajoutait que « quand on regarde ça, on a envie de pleurer. » Ce sont les mêmes mots qu’a repris un Togolais pour me raconter l’état de son pays en novembre 2010.

 

Certes on ne peut pas généraliser à toute l’Afrique. Pourtant les mêmes constats se sont révélés exacts pour d’autres pays. Encore un écho que l’espoir doit balayer comme une main chasse un nuisible.

 

A l’instar de M. Yamgnane, il est juste de dire qu’il n’y a aucune raison que la France rase les murs sous prétexte qu’elle a été une puissance coloniale. Elle s’inscrit dans l’histoire des hommes. Les générations suivantes n’ont pas à s’en flageller. On parle de l’impact de la Françafrique : mais la Guinée de Sékou Touré n’était pas du cercle, et ça ne l’a rendue ni plus riche ni plus misérable.

 

Mais s’il est absurde d’ignorer que la mise en laisse d’un peuple est insupportable, il le serait autant de se voiler la face sur les réalités de l’Afrique d’hier comme de celles d’aujourd’hui.

 

D’ailleurs, l’Afrique d’aujourd’hui est plus mondialisée que la France. En coulisse elle reçoit des Brésiliens, des Chinois, des Indiens. La majorité des Africains aujourd’hui ont moins de quinze ans et ils « n’en ont rien à foutre de la métropole. » (Antoine Glaser – La Lettre du Continent). La France a plus besoin de l’Afrique que l’inverse.

 

Faire la part du bien et celle du mal, ce serait dresser un bilan honnête des relations franco-africaines. Ce serait également promouvoir le savoir et donc faire le lit d’un avenir éclairé. L’histoire rappelle que les partisans d’une seule idée n’ont jamais créé que des dictatures.

 

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boulette 06/08/2011 11:54


Ah, ça fait du bien de te relire !!!