Le mal-logement en France

Publié le par lavendeeautrement

La fondation Abbé Pierre a publié récemment son rapport annuel sur le mal-logement. Peu le connaisse et encore moins le lise.

 

En voilà un résumé, juste pour ne pas perdre de vue que la crise est une situation terrible pour certains.

 

On assiste à une extension de la crise du logement. Les effets sociaux de la crise dans le domaine du logement sont inquiétants et ne touchent pas seulement les catégories modestes de la population mais de plus en plus des représentants des couches moyennes.

 

Une aggravation de la situation des plus vulnérables

Si les jeunes en représentent une figure emblématique, bien d’autres se trouvent dans cette situation, notamment les femmes seules avec des enfants. Ces personnes ne peuvent pas finir le mois sans une aide de la collectivité ou d’associations caritatives et humanitaires. Elles étaient 1,5 million à s’adresser au Secours catholique en 2009, 2 millions à solliciter le Secours populaire pour la même année, sans compter les 830 000 personnes aidées par les Restos du cœur et celles qui s’adressent à d’autres associations ou structures comme les centres d’action sociale.

 

Le taux de pauvreté se situait à 13,4 % en 2008, c’est-à-dire avant le déclenchement de la cris, comme le montrent les résultats d’une étude de l’OFCE réalisée pour l’Onpes. Elle souligne que pour 100 chômeurs de plus au cours de la crise, on dénombre 45 ménages pauvres supplémentaires en 2011. Entre 2004 et 2007, 22 % des personnes ont connu au moins une année de pauvreté.

 

Basculement dans la précarité de ménages qui en étaient jusque-là protégés

Ils sont nombreux à être dans cette situation de sorte que le Médiateur de la République estimait à 15 millions le nombre de personnes dont les fins de mois se jouent à 50 ou 150 € près. On peut d’ailleurs penser qu’il s’agit là d’une estimation basse puisqu’une personne sur deux vit en France avec moins de 1 500 € par mois.

 

Selon le Credoc, 49 % de la population considère aujourd’hui les dépenses de logement comme une lourde charge, contre 34 % en 1980. L’impression d’être mis en difficulté à cause du logement s’est accentuée pour les personnes modestes (+17 points entre 1980 et 2010) et les classes moyennes inférieures (+9 points). Cette vulnérabilité « ressentie » vient de ce que les dépenses contraintes liées au logement (loyer, charges, gaz, électricité, frais d’assurance, téléphone…) sont de plus en plus prégnantes dans les budgets des ménages les plus pauvres comme dans ceux des ménages relevant des catégories moyennes.

 

Accès à la propriété (On compte 58 % de propriétaires aujourd’hui)

Les ménages modestes et les classes moyennes ont de plus en plus de difficultés à devenir propriétaires. Ils représentaient 45 % des acquéreurs de résidences principales en 2003, à peine plus de 30 % cinq ans plus tard. D’autres données du Credoc soulignent le développement hétérogène de la propriété : les ménages les plus pauvres sont de moins en moins souvent propriétaires de leur logement (37 % des 20 % des ménages les plus modestes le sont aujourd’hui alors qu’ils étaient 47 % en 1988), alors que les plus aisés le sont de plus en plus (65 % des 20 % des revenus les plus élevés étaient propriétaires de leur logement en 1988, ils sont 76 % aujourd’hui).

 

Les 10 % des ménages les moins fortunés disposaient en 2004 d’un patrimoine privé moyen de 810 euros contre 656 380 euros pour les 10 % des ménages les plus riches. La même année, les 1 % des ménages les plus riches possèdent 13 % du patrimoine et les 10 % les plus riches en possèdent près de la moitié (46 %), alors que les 50 % les moins riches n’en détiennent que 7 % . 

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