Le rapport entre chômage et activité économique

Publié le par lavendeeautrement

 

Pendant que les "Marches des Chômeurs" entamées le 10 juin convergeront à Paris le 6 juillet prochain, le chômage demeure plus qu'une préoccupation, c'est une angoisse et un fléau.

 

Cependant, pour comprendre un phénomène, il faut en connaître la définition, l'architecture et l'évolution pour espérer le contrôler, et, en l'occurrence, l'infléchir. Et, comme le démontre un rapport d'étude, nul économiste, nul homme politique n'en est capable.

 

La situation est pourtant explosive. Dans la zone euro (1), le taux de chômage s’est établi à 12,1% en mai 2013, en hausse par rapport au taux de 12,0% relevé en avril.

Aujourd'hui, il y a deux Europe : l'Europe des pays périphériques dont les pays sont en faillite et où le chômage atteint des niveaux catastrophiques ; et l'Europe des pays du nord dont les pays semblent être en train de sortir de la crise. Ces deux Europe s'éloignent l'une de l'autre de plus en plus vite.

 

Six Etats européens périphériques s’enfoncent sans qu'aucune mesure semble pouvoir les en empêcher : Espagne 26,9% ; Grèce 26,8% ; Portugal 17,6% ; Chypre 16,3% ; Irlande 13,6% ; Italie 12,2%.

Les pays qui ont le moins de chômage : Pays-Bas 6,6% ; Luxembourg 5,7% ; Allemagne 5,3% ; Autriche 4,7%.

 

Pourquoi aucune mesure ne semble être en mesure d'empêcher le chômage de progresser ?

 

Dans un rapport d'étude sur la persistance du chômage, présenté à l'occasion d'un séminaire de politique publique, la recherche sur l'état du phénomène a détaillé trois résultats :

 

1) Le chômage est "le défi majeur auquel est confronté l'économie française comme ses voisines européennes". Il est donc l'objet de toutes les attentions et de toutes les études.

 

2) La croyance en la possibilité d'un contrôle du chômage par des actions de l'Etat est fausse : c'est un mythe, une chimère politique (la "représentation keynésienne" dont la loi d'Okun théorise qu'il existe un rapport entre l'activité économique et la variation du chômage n'est pas vérifiée par les calculs économiques).

 

3) L'activité économique et la variation du chômage sont indépendantes l'une de l'autre ("La France présentant l'exemple d'une dynamique tendancielle du chômage largement autonome par rapport aux innovations conjoncturelles").

 

C'est le constat des extraits de ce rapport que rapportait Philippe Meyer dans sa chronique du 27 juin dernier :

 

" La persistance du chômage est incontestablement le défi majeur auquel est confronté l'économie française comme ses voisines européennes. A ce titre elle fait l'objet de nombreux travaux d'ordres tant théoriques qu'économétriques visant à tester la validité des schémas alternatifs d'explication du phénomène. Paradoxalement, il ne semble pas qu'une attention égale soit consacrée à la mesure ou même à la définition de ce phénomène.

 

Un premier objet des travaux présentés est de proposer une caractérisation rigoureuse de la persistance du chômage au moyen d'outils économétriques appropriés. Sur cette base, on procède à des mesures comparatives de l'ampleur de ce phénomène dans cinq grandes économies de l'OCDE. Au terme de cette première étape, le taux de chômage semble suivre une dérive stochastique (se dit de phénomènes qui, partiellement, relèvent du hasard et qui font l'objet d'une analyse statistique). De ce fait il s'écarte nécessairement de sa représentation keynésienne qu'exprime en particulier la loi d'Okun où il apparaît comme l'image inversée des fluctuations de l'activité macroéconomique. On est conduit alors à se demander dans quelle mesure les inflexions du taux de chômage restent enracinées dans la dynamique conjoncturelle ou relèvent d'impulsions spécifiques.

 

Une modélisation bi-variée des interactions entre chômage et activités macro, mesurées par le PIB ou le taux d'utilisation, permet d'apporter des éléments de réponse contrastés selon le pays considéré, la France présentant l'exemple d'une dynamique tendancielle du chômage largement autonome par rapport aux innovations conjoncturelles."

 

Une dernière précision, ce rapport date du printemps 1993.

 

(1) http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/3-01072013-BP/FR/3-01072013-BP-FR.PDF

 

 

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