Les chômeurs gênent.

Publié le par lavendeeautrement

Le handicap du chômage se niche dans son individualité. Quand une personne sans boulot s’immole, les communiqués de presse soulignent que rien n’a pu l’y conduire. Rien sinon lui-même. Dépression, instabilité, la liste des faiblesses et des maladies peut être longue pourvu qu’on la suggère. Tout a été fait pour sauver celui qui a craqué. Les media et les discussions de bistrot s’accordent sur l’incapacité du système à résoudre le problème du chômage. Pôle Emploi a trop de chômeurs à suivre par agent, la croissance est un vœu pieu, l’industrie est moribonde. Mais quand un chômeur - un homme - s’est éliminé à Nantes, on nous a expliqué que lui, en particulier, avait bénéficié de toute l’attention possible des services et que toutes les options pour l’aider avaient été envisagées. C’est quand même pas de bol, que le seul chômeur bénéficiant d’une attention qu’a priori, personne ne semble avoir, a cru devoir se suicider. C’est sans doute la raison pour laquelle les chômeurs ne se révoltent pas. Ils sont satisfaits. En définitive, ces hommes, ces femmes, père, mère, frères et sœurs, homos ou hétéros, tous chercheurs d’emploi, devraient être reconnaissants de ce qui est fait pour eux. Mais ils n’ont sans doute pas assez de considération pour toutes les bontés qui leur sont accordées.

 

Comme avec le pognon, on ne comprend plus de quoi on parle au-delà d’un certain chiffre. Cent euros sont plus à la portée d’un téléspectateur que quelques millions. De la même façon qu’un visage se reconnaît mieux que trois millions. Il faut un nombre de zéros raisonnables pour que la majorité comprenne de quoi on parle. Ainsi la minorité paralysante et néanmoins syndicale peut parader sur les plateaux tv pour défendre 1000 emplois là, 600 ici, en prétendant qu’elle défend le peuple. Pensez, 500.000 personnes sont sans boulot depuis plus de trois ans, 40.000 emplois sont détruits tous les mois : l’union (syndicale) fait la farce.

 

On s’est précipité au secours de 15.000 roms maltraités, puis on s’est empressé de régler les problèmes sociétaux de quelques couples homos, on est allé courir au Mali en prétendant freiner le terrorisme.

 

C’est une forme d’indécence d’occulter la détresse de millions de personnes.

 

Comme certains sont plus égaux que d’autres, on se réjouit du quatorzième emploi que le gouvernement vient de confier à Marc-Antoine Jamet (Canard enchaîné du 13 février 2013). Pour sauver le CNED moribond (centre national d’enseignement à distance), monsieur Jamet s’en est vu confier la présidence. Ce fabiusien est maire PS de Val-de-Reuil, président de la communauté d’agglomération Seine-Eure, vice-président du conseil régional de Haute-Normandie, chargé des finances et président de la fédération du parti socialiste. Sans négliger un fauteuil au Haut Conseil d’Intégration. Dans le privé, monsieur Jamet est secrétaire général du groupe LVMH et directeur de son pôle « immobilier ». Pédégé du jardin d’acclimatation à Paris, il siège aussi au conseil d’administration de la Tour Eiffel, de l’institut des relations internationales et stratégiques, de Paris Tech Review, et est membre du conseil de surveillance de L Capital. Il préside aussi le pôle de compétitivité Cosmetic Valley et vice-préside la Fédération des industries de la parfumerie. Soit 4 dans le public et 9 dans le privé auxquelles s’ajoute la présidence du CNED confiée par le gouvernement de la République avec beaucoup de liberté et plus encore de solidarité.

 

La devise républicaine, qui figure encore au fronton de quelques édifices publics comme la mairie de Troyes, était, il faut le rappeler, « Liberté, égalité, fraternité ou la mort ».

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

martine 13/03/2013 18:11

et dire que face à cette misère de la solitude et de la non vie ..rien ne bouge .mais des milliers de personnes manipulées défilent contre le futile problème du mariage pour tous , déjà réglé dans
les autres pays évolués ( et nous ?)....société superficielle sans gènèrosité ...sauf une petite armée de volontaires , militants, semant l'indignation....va y avoir du boulot cher Stéphane Hessel
!