Massacres, génocides, foutaises

Publié le par lavendeeautrement

On trouve sur l’ancienne base du bataillon néerlandais à Potočari un mémorial dont une pierre tombale résume l’esprit par ces mots :

 

Au nom de Dieu le plus miséricordieux, le plus compatissant,

Nous prions Dieu le tout puissant,

Que nos plaintes se transforment en espoir !

Que la revanche devienne justice !

Que les larmes des mères deviennent prières

Que Srebrenica

Ne recommence jamais

A personne et nulle part !

 

Cette pierre tombale et ce mémorial furent inauguré en 2003 par Bill Clinton. Le cimetière de Srebrenica-Potočari comptait en 2009 plus de trois mille victimes.

 

Le tribunal pénal international pour la Yougoslavie a qualifié l’événement du 11 juillet 1995 de génocide. En 2007, la Cour internationale de justice des Nations-Unies a qualifié les massacres d’alors d’ « actes de génocide » et de « génocide de Srebrenica ». Le 31 mars 2010, le Parlement de Serbie a reconnu le massacre de Srebrenica.

 

Que s’est-il passé ?

 

11 juillet 1995. Srebrenica. Les responsables de la communauté internationale (le conseil de sécurité de l’ONU et affidés) savaient que des êtres humains seraient massacrés : Alain Juppé l’a admis dans un entretien avec Sylvie Matton. Elle est l’auteur d’une étude sur le massacre, « Srebrenica, un génocide annoncé ». Elle rapporte, entre autres anecdotes, que dans des bois alentours, des miliciens Serbes ont contraint un grand-père à manger une partie de son petit-fils qu’ils venaient d’exécuter devant ses yeux. M. Alain Juppé a été Ministre des Affaires étrangères du 30 mars 1993 au 17 mai 1995 et Premier ministre du 17 mai 1995 au 3 juin 1997. Il avait donc une connaissance précise des enjeux géopolitiques et les moyens de les influencer. On estime entre 6000 et 8000 le nombre de victimes.

 

De telles plaies se referment-elles complètement ? Céline avait donc raison dans le ‘Voyage au bout de la nuit’ : « Il existe pour le pauvre en ce monde deux manières de crever, soit par l’indifférence absolue de [ses] semblables en temps de paix, ou par la passion homicide des mêmes en la guerre venue ». A Srebrenica, le monde civilisé a fait communier les deux.

 

Cette histoire pourrait à elle seule permettre de relativiser trois événements récents :

La supposée supériorité d’une civilisation sur une autre ;

La suppression de l’enseignement de l’histoire ;

La volonté de mettre fin aux massacres de Homs en Syrie.

 

Au fond d’un cimetière, une pierre tombale rappelle :

Que Srebrenica

Ne recommence jamais

A personne et nulle part.

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