Théorie du genre (suite) : la castration psychologique

Publié le par lavendeeautrement

 

Le ministère des droits des femmes a dépêché un couple d'experts pour enquêter sur la petite enfance. Les commissaires aux Affaires sociales y ont décelé la menace de "la castration psychologique opérée aux dépens des filles".

 

Les 156 pages du rapport qui conclut à cette menace ont été rédigées par deux inspecteurs de l'IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales).

 

La synthèse est introduite en affirmant que "Toutes les politiques de promotion de l'égalité butent sur un obstacle majeur, la question des systèmes de représentations qui assignent hommes et femmes à des comportements sexués, dits masculins ou féminins, en quelque sorte prédéterminés. Ces systèmes de représentation se forment tôt dans la vie."

 

C'est ainsi que, selon le rapport, l'égalité sera impossible tant que la théorie du genre n'est pas diffusée à toute la population. En effet, les inspecteurs l'affirment, la différence hommes / femmes n'est pas liée au sexe, car hommes et femmes se comportent comme tels à cause de la société. CQFD (ce qu'il fallait démontrer).

 

Cependant, en feuilletant la bibliographie sur laquelle le rapport s'est appuyé, on est pris de vertige. Elle ne liste que des auteurs ou des publications favorables à la théorie du genre ! Imaginons que la commande d'un rapport sur le communisme ne comporte que les rédacteurs en chef du journal L'Humanité, les écrits de Lénine et les publications du Parti communiste chinois. Pourrait-on juger Al-Qaïda à l'ombre des seules déclarations de ses lieutenants ? En France, et plus particulièrement dans les palais de la Nation, maisons de l'Enarque, on ne s'offusque manifestement pas du procédé. Les Français, que tous les politiciens et -ciennes convoquent à chaque déclaration, sont de bons exécutants, ils votent et on ne leur demande que de la boucler après l'exercice. On comprend pourquoi le "dégoût" est devenu le sentiment dominant.

 

Surtout, n'est-il pas inquiétant d'imaginer que cette méthode d'information est la même dans tous les ministères ? Comment ne pas trembler à l'idée que les décisions du gouvernement sont prises avec des informations partisanes, biaisées, fausses en somme ? Faudra-t-il qu'à la recette proposée cette semaine, on ajoute à la morale une bonne dose de compétence et une généreuse rasade d'honnêteté ?

 

On ne s'étonnera pas dans ce cas que la loi soit cette chose devenue presque inutile. Le Centre de fertilité de l'Illinois et le laboratoire de fécondation in vitro aParent allaient proposer une "revue des modes de procréation", parmi lesquels la gestation pour autrui, GPA, interdite en France, ainsi que des rendez-vous gratuits personnalisés pour lesquels il était conseillé de s'inscrire à l'avance sur Internet. Ce rendez-vous, prévu le mercredi 10 avril à l'hôtel Lutetia de Paris, a été annulé après que les réseaux sociaux aient relayé l'événement. Peut-on promouvoir sans impunité ce que la loi interdit ?

 

Le rapport de l'IGAS :

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/134000193/0000.pdf

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olivier seutet 11/04/2013 10:39

Je découvre votre blog. Merci pour votre analyse sur le danger de la popagation insidieuse de la théorie du genre : jamais proclamée dans les discours "officiels" pour ne pas choquer les familles,
mais affichée sur le site du ministère de la défense des droits de la femme et comme vous le signalez accompagnée par des visites de ministres à des établissements pilotes.
Au hasard de ce que j'ai butiné dans vos aricles, et propos du grand gaspillage, je vous recommande le dernier livre de Christian Saint-Etienne.
Bonne continuation.